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Paroles

Nos belles paroles.

Paroles et musiques sous creative commons BY NC SA 2.0

L’apprenti
Ma place
Keep the change
La fille des Ressources humaines
Haine ordinaire
The Rosses
De près de loin
Les deux bras de la chance
Ceux qui cherchent encore
Crossing the bridge at night
Les Milliers
Les Jeunes Filles
Lubéron


L’apprenti (David Blumental / Thomas Woznica)

Papa voulait que je marche sur les chiffres
Mette en lyre les lignes d’Euclide
Papa voulait que je joue les premiers fifres
Chez les reçus, les admis, les petits druides
J’ai appris, j’ai appris à le décevoir
Dans la poussière qui laque mes lacets
Le fil des routes a brûlé quelques regrets

D’échec en échec, comme entre deux portes
Mes passions auraient pu rester lettres mortes
D’anciennes larmes ont fugué vers la glaise
J’en connais qui chauffent encore sur la braise
Elle, elle voulait que je bâtisse une ville
Où nos souffles pourraient tomber
Dans des cheminées sobres, pleines et tranquilles
Que nos baisers calment nos lèvres gercées
J’ai appris, j’ai appris à la perdre
Dans la poussière qui laque mes lacets
Le fil des routes a brûlé quelques regrets

Les copains voulaient que je continue à croire
Dans l’éminence de nos poings levés
Il en fallait d’autres que ceux d’une tour d’ivoire
Ceux qui ne savent plus que se tromper
J’ai appris, j’ai appris à les abandonner
Dans la poussière qui laque mes lacets
Le fil des routes a brûlé quelques regrets

Moi, je voulais juste trahir les démons
Qui font la pire des polices
Egorger les lois clouées à ma raison
Que dans le rire même lentement je glisse
J’ai appris, j’ai appris à désobéir
Dans la poussière qui laque mes lacets
Le fil des routes apaisera mes secrets

^

Ma place (David Blumental / Thomas Woznica)

Vieux j'entends son cri encore
Les miens en lames de matador
Qui pour elle faisaient semblant
Et même son consentement
Etait-ce sous une ampoule malade
Sur un matelas de crasse
Entre ses jambes mes ruades
Etait-ce là qu'était ma place ?

Pourquoi à ces lèvres amoureuses
Si vite je devais m'habituer
Et n'offrir que fins malheureuses
Des adieux déjà rhabillés ?
Etait-ce dans cet entre-deux
La peur toujours aux extrémités
Que ma place quelque peu
Pouvait seulement s'esquisser ?

Vas-tu faire la guerre encore
Entre la route et la halte
Finir sous des sabots morts ?
Et connais-tu l'heure exacte
Avant que l'armure même
Ne se ride, froide et blême ?
Mais si un jour ta peur passe
Le voyageur qui ressasse
Trouvera peut-être une place
Dans le trot de bras calmes.

Devant des yeux implorants
J’ai dû glisser des silhouettes
Vagues, aux traits indifférents
En les jetant d’une crête
Etait-ce aux ordres de chiens hurleurs
L’homme taiseux qui pousse les charrettes
Des fins d(e) carrière en sonnant l’heure
Que je devais faire place nette ?

Fallait-il vraiment ces années ?
Murées dans l’art de défendre
Ces gueules qui n’ont jamais pensé
Qu’à pleurer avant de prendre
Entre deux mèches flottantes
Ma place tombait avec le jour
Au vent qui trompait l’attente
Mes mains tendues sans retour

^

Keep the change (Thomas Woznica / Wilfried Herman)

Go and find something new,
Your old-fashioned style
Makes me hostile.
It’s easy to be good
When nothing’s ever moved
Nor removed

How long will you bore us with your stuff?
Self-satisfied enough?
So please, change, change, change,
Pretending you’re rebels
But I know you too well
What you do is so perfect
Change, or let be changed

Every release you make
Seems to me like reissue,
That’s still you.
Live on your old glory boys,
Still we don’t want your coins
But only change

You might stay in your tower,
But have a look and behold
Those watching at the place you hold.
Each of your bloody songs
Comes from the same vein,
Feels like the end of your reign!

Renew is my obsession,
Revolution my direction,
Continuation is stagnation,
Change, change, change, change…

^

La fille des Ressources humaines (David Blumental / Wilfried Herman)

Au trentième étage d’une tour de verre
On ne va guère
L’air y est rare et gorgé de mots
Qui parlent d’âge, d’impairs
Et de mauvais chevaux
Par une bouche douce un peu trop fière

Au trentième étage moi je monte
Y lire d’autres comptes
Dans le beau mercure de son haleine
Et si le mépris se dompte
La fille des Ressources humaines
D’un reste d’âme me lâchera l’acompte
Dans un bureau du trentième étage
A la page
Des piles de lettres sont archivées
Paraît qu’un dingue enrage
De ne pouvoir embrasser
La fille un peu snob aux yeux si sages

Un jour j’irai
Crocheter ce regard
Loin des placards
Et plus jamais
Elle n’y jettera
Les perdants de la semaine
Contre toutes les lois
Et les jurisprudences du service des Ressources humaines
Je tenterai la chance d’une fille qui en vaut la peine…
…Enfin peut-être

Au trentième étage des gens d’expérience
Pleins de prudence
Ont bien réfléchi à l’avenir à du pays
Et c’est pour le bien de la France
Que tristes et tout marris
Ils nous ont mis en grandes vacances

Dans le court envoi postal
Du Directeur général
J’ai reconnu son style très délicat
Derrière des phrases banales
Répondait pour la première fois
La fille vaguement cruelle qui est faite pour moi

^

Haine ordinaire (David Blumental / Wilfried Herman)

Tes yeux d’effroi
Au son de ma voix
Et de phrases étrangères
Ils coulaient mieux ces noms affectueux
Dans le creux de tes paupières
Mais les mots ont des égouts
Qui rejouent leurs naissances
Toutes nos vertus ont un coût
La comptine d’une vengeance
Des barricades
Mes camarades
N’aviez-vous pas vu ?
Monter une flamme
Sifflant le drame
De haines inconnues
Car les gestes les plus beaux
Ont tous une cave
Où s’assemblent les lambeaux
D’une colère au teint hâve

Quelle pâleur prend votre teint
Quand le clown se fait vieux ?
Moi j’étais juste en train
De crever sous vos yeux

Dans mes bras ouverts
Le rire des vipères
Déguisait son accent
J’étais bien sincère
Bien que naguère
Mordu jusqu’au sang
Hélas les mains les mieux tendues
Font les meilleures morsures
Dans la douceur fut élu
Un reptile au goût sûr

Quelle est cette surprise
Sur vos lèvres tordues ?
Un pitre a juste lâché prise
Plus tôt que prévu

Que vos souvenirs
Les jours à venir
Ne défassent pas la laine
De nos bavardages
Jusqu’au naufrage
D’une écoute humaine
Même dans les plis de mes amis
J’ai vu trop de plaisir
Au trébuchement de celui
A qui l’on peut tout dire

Pourquoi cette stupeur
Dans vos yeux grotesques
Qui pouvait avoir peur ?
Nous y étions presque

Toi que je n’ai même jamais eue
Recueille ce soupir
Sur le bord de tes beaux pieds nus
Tandis que j’expire

^

The Rosses (David Blumental / Thomas Woznica)

Walking in the Rosses
My feet sing the failure
Wavering in the Rosses
My soul meets dead robbers

Might end the journey in the Rosses,
Under the wet foggy grass,
Among other lost corpses,
I’ll dig my grave in the Rosses

Consumed by the Rosses
My love had to grow colder
Buried by the Rosses
This land locks our future

^

De près de loin (David Blumental / Thomas Woznica)

Comme des arbres qui de près
Ne sont que salves dispersées
De loin, à l’encre noire
Tracent de leurs bois
La naissance du soir
Un poème chinois

De près tes yeux je passe
De guerre déjà lasse
De loin jamais ne m’en passe
La surprise a besoin de place

Comme des gares qui de près
Font des drames de pierre et de grès
De loin, unissent les phares
De mers sans Etats
Et bercent les espoirs
De simples gars

De près ton rire passe
Sans que ça m’tracasse
De loin et par contumace
Son tendre souvenir m’enlace

Comme des cartes qui de près
Ne servent qu’à battre un temps épais
De loin, narrent l’histoire
De fous et de rois
Complices du bizarre
Nomades des lois

De près tes mains m’agacent
Alors je passe
De loin elles me ramassent
Et m’tiennent au-dessus de la nasse

^

Les deux bras de la chance (David Blumental / Wilfried Herman)
Anciennement Friend of risk

Tant d'émotions et d'attributions
Et d'attentions
C'est la vie, à ce qu'on croit
Séduction, fidélisation
Implantation
Ca c'est toi, mais sans moi

Moi j'aime les premières fois
Pas leurs duplicats
Et les dernières fois
Qu'on n'y revienne pas
Je n'ai qu'un amour, une seule alliance
Les deux bras de la chance
De la chance
Peu m'importe que chantent les lendemains
Et encore moins le mot de la fin

L'âme éternelle vous interpelle
De Caïn et Abel
Qui est mon père, qui est mon père ?
Morale contractuelle, foi passionnelle
Ils vous appellent
Dieu le Père Lucifer

Danses furieuses, nobles causeuses
Idées mitrailleuses
Ca me va, pour une fois
Fraternité des mains lutteuses
Barricageuses
Si on perd, ben ma foi...

Conceptuellement, intelligemment
Parler allemand
Pourquoi pas, mais pas trop
J'en veux tellement
Moi pauvre vivant
Qu'à l'acte cent
C'est encore bien trop tôt

^

Ceux qui cherchent encore (David Blumental / Thomas Woznica)
Anciennement Looking for the girl

Si tes pas voient
Dans les miens
La suite d'une esquisse
Viens
Et prends le ris-
Que nos mains se perdent
Pourvu qu'au point de l'aurore
Je quitte
Ceux qui cherchent encore

Laisse le bout de tes doigts
Filer la mise à mort
De doutes un peu retors
Laisse-les avec joie
M'enlever au sombre port
De ceux qui cherchent encore

Si me voyant
Tu souris
Au songe
D'une première fois
Viens poser ce crois-
Sans plus attendre
Et lors que je suis bon
A prendre
A ceux qui cherchent encore

Laisse le bout de tes doigts
Filer la mise à mort
Des délais anticorps
Laisse-les avec joie
Chiffonner les remords
De ceux qui cherchent encore

^

Crossing the bridge at night (David Blumental)

My arms around me
Hardly feel my skin
I don't even remember
What my last words were
I spoke maybe I rather screamed
Hands like daggers on my twisted face
When I saw these blisters
Surfacing on the broken waters

And I'm crossing the bridge at night
And while I'm walking nothing in sight

The wind in my hair
Long and dark haunted house
Is singing in a vast hall
And courting the absence in vain
Nothing these hands can grasp again
But the loss and indifferent air
This endless passing grave
Repeats after me my dad is dead

You will hear again
The shy noise of my footsteps
Still crossing these wooden boards
Between hedges of metal lances
Rooves of the town are fading away
Tired of my sleepless look
Now trying nothing more
But to sink and disappear too

^

Les Milliers (David Blumental / Thomas Woznica)

J'ai beau avoir laissé
Ma peau, mon eau
Mes chants
Sur la pierre du chantier
Et mon accent
Dans les yeux de mon fils
Ils ont planté mon sort
Au son clair des hélices
D'aéroport

Mais je ris comme une fronde
Qui siffle à la ronde
Qu'à cette seconde

Nous sommes des milliers
Aux paroles hésitantes
Dont l'espoir d'arriver
Tombe en terre méfiante
Mais creuse encore et coule
Dans des rigoles de sueur
Petit escroc des houles
Souffle sur le marcheur

Ton rire a sonné
Comme une horloge narquoise
Jeté le balancier
Des yeux qui toisent
Et ôtent tout espoir
Aux fronts amoureux
Tout seuls au parloir
Des vœux audacieux

Mais je ris comme une seconde
Sortie de la ronde
Par un vent de fronde

Nous sommes des milliers
Sommés d'abandonner
Aux yeux déjà embués
D'un rêve un peu moqué
Mais que je veille ou dorme
C'est bien les poings fermés
Que je cogne et transforme
L'ordre des condamnés

Tu crois que tu ne m'aimeras jamais...

Or donc le dernier mot
Sur un priez d'agréer
Au bas d'un recto-verso
Vaut tour de clef
Mais dans nos mains écarlates
Nos machines endormies
Vous verrez ceux qui battent
Le fer refroidi

Et je ris aux larmes rondes
Qui tissent la fronde
De vos dernières secondes

Nous sommes des milliers
Aux jambes enterrées
D'où monte encor l'acier
En larmes de chien armé
Mais quand nos yeux battus
Nos petites mines graves
Feront un autre début
Les nains seront les braves

^

Les Jeunes Filles (David Blumental / Thomas Woznica / Dup')

Parce que je n'aimais
Rien tant déjà
Dans mes yeux frais
Au loin des premières fois
Les histoires de perdants en descente
Suspendus par le petit doigt
Et qui remontent tard la pente
Quand plus personne n'y croit

J'imaginais
Mon coeur aux abois
Quand je les voyais
Surprenais leurs voix
Des yeux moqueurs, des rires cruels
L'humiliation de l'homme différent
Qui se bat à un contre cent
Attend son heure que tombe la belle

D'elles j'ai reçu
La joie étrange
Des mauvais débuts
Et qui s'arrangent

Gardé le goût
Des querelles fondatrices
Et dans le cou
Leur fertile cicatrice

Elles tuaient si bien l'ennui
Ou une amie

J'aurais aimé
Plus loin dans l'âge
Vous recroiser
Premiers visages
Que j'osais...
...à peine regarder

^

Lubéron (David Blumental)

Lors que la guerre est finie
Que mon revolver rentre à la nuit
Tombant entre des mains novices
Qui dans leur ventre
Suivront de ma cause les indices

Si aujourd'hui
Les plus forts sont encore
Ces hommes qui sourient
De vaincre dans leur tort
Je meurs peut-être
Dans le poing
Le serment plein
De reparaître

Dans les herbes du Lubéron
Mon cadavre prend
Sa dernière leçon
A la tournée du vent
Dans les airs du Lubéron
Mon cadavre pend
Aux serres d'un faucon
Qui va dérivant

Si aujourd'hui
Les plus forts sont les mêmes
Au mépris endormi
De siffler le même thème
Dans leur confiance
Nos morts traînent
Comme la patience
D'une petite graine

Dans les herbes du Lubéron
Mon cadavre pend
Aux cornes d'un glaçon
Au soleil couchant
Dans les herbes du Lubéron
C'est là qu'on tend
La main aux tréfonds
Pour mourir souriant

C'est en bon père
Que je laisse
Ma tendre guerre
A la caresse
De l'air qui clôt
Une page d'histoire
Dans le sang chaud
Où s'écrit le courage de surseoir

Si c'est encore
Au révolutionnaire
De tomber d'accord
Avec le chant des vers
Quitte à glisser
Dans la fin
Autant céder
Au romarin

Dans les herbes du Lubéron
Ma lutte rend
Les armes aux grillons
Et aux chiens errants
Dans les airs du Lubéron
Je les entends
Contrer l'abandon
Dire mort aux tyrans

Dans les herbes du Lubéron
Mon cadavre sent
L'haleine du grison
Qui me traîne en sifflant
Dans les airs du Lubéron
Mon cadavre vend
Son âme aux chansons
Qu'on disait enfant

^